SOCIÉTÉ : Les violences faites aux femmes,.. parlons en !..

SOCIÉTÉ : Les violences faites aux femmes,.. parlons en !..

janvier 18, 2019 1 Par mojak

PARLONS-EN  !..

Je me permets de partager avec vous, chers amis, cette histoire, à quelques jours de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes.

Lorsque N.. a rencontré A.., elle était jeune, pleine de vie et surtout, très belle. Son seul problème, et qui n’était pas des moindres, est qu’elle était en situation irrégulière.

Puisque A.. était jeune et beau, elle a accepté de l’épouser, malgré son alcoolisme, malgré sa consommation de certaines drogues dures et destructrices.

Rapidement après leur mariage, elle est tombée enceinte de son premier enfant. C’est là que les violences ont commencé. Elles étaient d’abord verbales, elles étaient atroces, car oui, les mots peuvent faire encore plus mal que les coups, les mots peuvent tuer, surtout les femmes enceintes.

A.. s’est mis à déserter le domicile conjugal durant un temps de plus en plus long.

À son retour, il rouait de coups N.., alors enceinte. 
Il la menaçait de la poignarder elle et son enfant si jamais elle osait un jour dénoncer les violences qu’elle subissait.

Les voisins savaient tout, entendaient tout, mais faisaient comme s’ils n’étaient au courant de rien.

N.., qui s’est retrouvée à vivre dans le village de son violent mari, sans aucun membre de sa famille et sans aucun ami, s’est mise à se renfermer de plus en plus sur elle même.

Rapidement après la naissance de son premier enfant, elle est tombée enceinte du deuxième. Cette fois-là, A.. s’est rendu à la Réunion et s’est dépêché de rentrer aussitôt que N.. a accouché.

Il rentrait dans le but de déclarer les enfants et de les inscrire ensuite à la CAF, pour pouvoir toucher les allocations familiales.

Finalement, en 10 ans, N.. a eu 5 enfants et à chaque fois, A.. Voyageait pendant sa grossesse, revenait après son accouchement, et repartait quelques mois après, en laissant N.. avec une autre grossesse.

Lorsqu’il était à Mayotte, dès la perception des allocations familiales, N.. ne voyait pas A.. durant les 15 jours suivants.

Au fil du temps, pour subvenir aux besoins de ses enfants, N.. s’est mise à coudre pour les femmes du village de son époux, elle s’est mise à coudre des Salouvas, des rideaux et des draps. 
Ses enfants, qui étaient des “escaliers”, comme disent les mahorais, puisqu’ils était très rapprochés, souffraient de malnutrition et de nombreuses maladies liées à cet État.

Un jour, son frère jumeau, qui vivait en métropole et qui était de passage a Mayotte est parti à sa rencontre, elle a pris le soin de ne rien lui révéler.

Ce sont les voisins qui ont fini par rompre le silence et qui ont tout raconté au frère de passage.

Dans la foulée, ce dernier a fait partir sa soeur et ses nièces et neveux de Mayotte. 
À son arrivée en métropole, N.. Attendait encore un enfant, son 6ème.

A.. a tenté de la rejoindre, pendant un temps, il avait réussi à persuader N.. De lui donner tous les mois les allocations familiales, finalement, il n’a pu de nouveau étendre son emprise sur sa femme, car le frère jumeau de cette dernière, ayant appris ces faits, a menacé A.. de le dénoncer à la police.

N.. Est aujourd’hui une femme traumatisée, qui tente de se reconstruire et d’avancer, avec ses enfants et avec ses blessures, physiques et psychologiques.

Mais elles sont combien, ces jeunes femmes qui étaient en situation irrégulière et qui se sont mariées à des hommes qui sont aujourd’hui devenus leurs tortionnaires ?

Il ne faut pas par ailleurs oublier que les violences faites aux femmes ne concernent pas seulement les femmes, défavorisées et initialement en situation irrégulière, elles concernent toutes les tranches de notre société bien sûr, et il nous faut toutes les dénoncer et les combattre….

Mais aujourd’hui, mes pensées vont vers ces jeunes femmes, qui sont dans la même situation que N.., mais qui n’ont pas de frère vivant en métropole et capable de les y emmener elles et leurs enfants…..

Mana Ra Hashiri…

Partagez cet article


Facebook
14 Novembre 2018

 

 

Licenciement à MEDETRAM,.. mais où est donc passée Siaho ?..